Le Journal / L'entreprise
Prix · Le socle
Le prix à la valeur, pas au temps passé.
On t'a appris à faire : cadrer, éclairer, monter. Personne ne t'a appris à chiffrer ce que faire vaut pour celui qui l'achète. Résultat, tu factures ton temps, et ton temps punit ta progression : plus tu deviens bon, moins tu gagnes pour le même résultat.
Scène 02 · Le verdict
Le prix se fixe à la valeur, pas à l'heure.
Facturer au temps passé pénalise structurellement l'expertise : plus tu vas vite, moins tu gagnes. Le prix se fixe à partir de la valeur créée pour le client, par une méthode reproductible qui part de tes propres chiffres, jamais du tarif copié sur un confrère. C'est une compétence distincte du métier, et la moins enseignée. Aucun outil ne la remplace : chiffrer, c'est un jugement.
Il y a le geste, et il y a ce qu'il vaut. On passe des années à affûter le premier et zéro heure sur le second. Alors on se rabat sur la seule unité qu'on maîtrise, le temps, et on facture des heures. Sauf qu'un client n'achète pas des heures : il achète un film qui convertit, une identité qui le distingue, une image qui vend. Vendre du temps sur un résultat, c'est se condamner à gagner moins à mesure qu'on devient meilleur.
Scène 03 · La douleur
Le prix à l'humeur, et la perte en fin d'année.
Sans méthode, le prix devient une émotion. Il monte quand on se sent légitime, il baisse dès qu'un client fronce les sourcils. On calque le tarif d'un confrère sans rien connaître de ses coûts ni de son statut. On oublie les charges, les jours non facturables, la prospection, les impôts, tout ce qui sépare le prix affiché de ce qui reste vraiment. Et on découvre en fin d'année qu'on a beaucoup travaillé pour peu, sans savoir pourquoi.
Le piège le plus discret, c'est la facturation horaire elle-même. Elle crée une incitation perverse : celui qui traîne est mieux payé que celui qui va droit au but. Jonathan Stark, développeur devenu consultant après une quinzaine d'années de prestation logicielle, a bâti tout un livre sur ce constat, « Hourly Billing Is Nuts » ; il raconte avoir doublé son revenu sa première année en solo le jour où il a abandonné l'heure. Tu investis dans ta rapidité, ton œil, tes automatismes, et ce système te fait gagner moins à chaque progrès. Austin L. Church, consultant marketing indépendant depuis 2009 et auteur de « Free Money », un guide de tarification pour freelances, le résume par un constat têtu : pour une prestation comparable, les écarts de prix entre freelances vont de 1 à 100, et la compétence technique n'explique presque rien de cet écart. Ce qui l'explique, c'est le pricing.
Ce piège restait supportable tant que ta vitesse ne dépendait que de toi. Il est devenu immédiat. Depuis 2025, DaVinci Resolve 20 monte une timeline à partir d'un script, coupe un multicam au locuteur et supprime les silences ; Premiere Pro 25.2 trie les rushes en langage naturel. Le dégrossissage d'un assemblage est passé de plusieurs heures à quelques minutes, et ce sont exactement les tâches qu'on vendait à la journée. Si tu factures ce temps-là, tu encaisses désormais une fraction de ce que tu encaissais pour un livrable identique ; si tu factures l'ancien temps, tu vends un temps qui ne correspond plus au travail. Les deux issues sont mauvaises, et c'est l'unité de vente qui est en cause, pas la valeur de ce que tu livres.
Scène 04 · La méthode
Chiffrer, ça se pose comme un calcul.
Michael Janda, vingt-deux ans de freelance et une agence revendue, ramène chaque prix à trois facteurs qui se croisent : ton coût de production réel, le budget du client, et le prix du marché comme repère et non comme loi. Church ajoute le socle : le prix dérive d'abord de tes propres nombres, à commencer par ton seuil de rentabilité mensuel. Tant que tu ne le connais pas, tu ne fixes pas un prix, tu paries.
Vient ensuite le renversement de Blair Enns, fondateur de Win Without Pitching, l'organisme qui forme les agences et les créatifs à la vente, et auteur de « Pricing Creativity » : « price the client, not the job ». Tu penses d'abord à la valeur pour ce client précis, tu conçois la solution ensuite, pas l'inverse. Le même film n'a pas la même valeur pour un artisan qui lance son site et pour une marque qui l'exploite en campagne nationale, et ta cession de droits en fait partie (voir la cession de droits). Dernier étage : présenter plusieurs options. Enns en fait une obligation, typiquement trois, avec une option haute qui sert d'ancre. Face à trois colonnes, le client ne se demande plus si ton prix est justifié, mais laquelle choisir.
Ton coût réel, le budget du client, le marché comme repère : le prix se calcule. Puis on le présente en trois options plutôt qu'en montant unique à prendre ou à laisser. Un prix seul se compare au moins cher ; trois options se choisissent.
Sortir du tarif à la journéele geste, pour qui facture encore au temps
Changer d'unité ne consiste pas à diviser ton tarif-jour par les journées que tu as cessé de passer : ce serait répercuter sur le client un gain de vitesse que tu as payé, et te punir une seconde fois d'avoir progressé. Le geste va dans l'autre sens. Tu définis d'abord le livrable, une vidéo finie avec son format, son objectif et son rendu attendu. Tu poses son prix sur ce qu'il vaut pour ce client-là. Tu vérifies seulement ensuite que ce prix couvre ton coût réel, et s'il ne le couvre pas, c'est le périmètre que tu revois, pas le prix.
Le temps passé retrouve alors sa vraie fonction : une information de gestion pour toi, jamais une unité de vente pour lui. C'est ce qui rend le modèle indifférent à la vitesse de tes outils. Que l'assemblage prenne six heures ou six minutes ne change rien au prix du film, parce que le client n'a jamais acheté des heures.
Scène 05 · Le plancher
Ce que ta journée doit couvrir, et que personne ne facture.
Prends une journée de tournage, la chose la plus simple à facturer qui soit. Maintenant compte ce qu'elle a réellement demandé. Les mails échangés pour décrocher le contrat. La visio pour caler le brief. La préparation du matériel la veille, et quand il n'est pas stocké chez toi, l'aller-retour pour aller le chercher. Rien de tout ça n'apparaît sur la facture. Rien de tout ça ne pouvait être évité non plus.
Monte d'un cran, sur la réalisation d'un film institutionnel. Il y a ce qui est compris dans la prestation, et il y a tout ce qui l'a rendue possible : le temps de prospection qui a fait exister ce client, les coups de fil pour relancer le devis, la communication publiée, le site tenu à jour. Ce temps-là n'est facturé à personne en particulier, ce qui ne veut pas dire qu'il est gratuit. Une entreprise a un coût, et ce coût doit obligatoirement être répercuté sur ses factures. Sinon elle travaille à perte, sans le voir tout de suite.
L'ordre de grandeur surprend quand on le pose. Sur vingt jours ouvrés dans le mois, j'en facture treize. Les sept autres ne s'évaporent pas : ils partent en prospection, en communication et en gestion, et ils sont aussi obligatoires que les treize premiers, à ceci près que personne ne les paie directement. À quoi s'ajoute que je travaille dix mois sur douze, congés et creux retirés. Cent trente jours facturés dans une année qui en compte deux cent quarante. Un jour sur deux, à peine plus. Le tarif à la journée n'est donc jamais le prix d'une journée : c'est la part d'une année entière qu'une journée doit porter.
Cette façon de compter, je ne l'ai pas trouvée dans un livre. Je la tiens de David Panart, qui dirige l'agence Nuances à Toulouse, et je la lui dois pour une raison précise. Elle m'a fait cesser de regarder mes chiffres de façon affective. Avant, un tarif me paraissait cher ou pas cher, gonflé ou raisonnable, selon le jour et selon le client en face. Depuis, il est au-dessus ou en dessous d'un seuil que je peux poser sur une feuille. Ce n'est plus une impression, c'est un calcul, et ça change ce qu'on est capable de tenir en rendez-vous.
Le point mortce que ton entreprise dépense pour exister une année
Le calcul part de ce que tu veux te payer, et il faut prendre ce chiffre au sérieux : une rémunération nette de 2 000 € par mois ne coûte pas 24 000 € à l'année. Elle coûte ce net remonté en brut par ton taux moyen d'impôt, puis multiplié par le coefficient de tes cotisations, ce qui dans cet exemple donne près de 36 500 €. Tu ajoutes toutes tes charges annuelles, y compris celles qu'on oublie parce qu'elles ne ressemblent pas à du métier : la CFE, la RC professionnelle, les abonnements logiciels, les frais bancaires, les kilomètres. Le total est ton point mort.
Ce total, tu ne le divises pas par tes jours ouvrés. Tu le divises par tes jours réellement facturables, ceux du compte d'il y a deux paragraphes. C'est exactement là que le calcul devient juste au lieu de rester confortable, et c'est l'erreur qui coûte le plus cher : diviser par 240 au lieu de 130 fait apparaître un tarif deux fois trop bas, qui semblera pourtant raisonnable. Le résultat s'appelle le seuil d'équilibre. En dessous, chaque jour facturé te coûte de l'argent.
Les trois étagesce qu'un seuil d'équilibre ne couvre pas encore
On les lit dans un ordre qui n'est pas arbitraire : d'abord la charge la plus certaine, puis le résultat que l'entreprise doit dégager, et en dernier la part dont le sort dépend de qui vend. Mais ils ne s'empilent pas, ils se découpent, et la nuance décide du résultat.
Le premier étage, c'est le matériel. Il ne s'use pas le jour où il tombe en panne, il s'use à chaque tournage. C'est la dépense la plus sûre des trois : tu la subiras de toute façon, la seule question est quand. Une récupération intégrée au prix transforme un achat subi tous les trois ou quatre ans en provision constituée mois après mois. C'est la différence entre remplacer un boîtier quand il faut et le remplacer quand on peut.
Sur ce poste-là, il faut être honnête : aucune méthode de référence n'existe. J'ai cherché, chez les vidéastes comme chez les photographes, qui documentent pourtant leur gestion depuis bien plus longtemps. Deux repères voisins existent sans répondre à la question. L'amortissement comptable étale un achat sur cinq ans, mais il parle au fisc, pas au devis. Le tarif des loueurs, trois à cinq pour cent du prix d'achat par jour, paie aussi leurs locaux, leur assurance et le stock qui dort entre deux locations. Ni l'un ni l'autre ne dit ce qu'une journée de tournage doit mettre de côté.
Alors je donne le mien, et je dis d'où il vient. J'ai choisi un pourcentage décidé à l'avance plutôt qu'un calcul assis sur mes achats réels de l'année passée. La seconde méthode paraît plus rigoureuse, et je l'ai écartée pour une raison précise : elle ferait bouger mon tarif au rythme de mes achats. Une année où j'équipe beaucoup relèverait mes prix l'année suivante, une année sobre les ferait retomber, et personne en face n'y comprendrait rien. Je préfère un calcul stable, même si le montant qu'il produit varie avec le chiffre d'affaires. C'est une projection assumée, pas une mesure. Le contrôle vient une fois par an : je compare ce que la provision a rapporté à la valeur de mon parc divisée par sa durée de vie. Si l'écart se creuse, c'est le pourcentage qui bouge, pas le prix de chaque devis.
Le deuxième étage, c'est la marge. Celui-là est le plus souvent absent, parce qu'on confond le résultat de l'entreprise avec la paie de son dirigeant. Ce sont deux choses distinctes : ta rémunération est déjà comptée dans le point mort. La marge, c'est ce que l'entreprise dégage au-delà, et c'est elle qui absorbe un mois vide, un client qui ne paie pas ou une caméra qui meurt en février. Il faut le dire simplement, même si le mot passe mal dans un métier de création : qu'on le veuille ou non, la raison d'être d'une entreprise est de gagner de l'argent. Pas seulement de faire vivre celui qui la tient, ce qui est déjà réglé par le point mort, mais de produire un résultat. Une activité qui rembourse exactement ce qu'elle coûte n'est pas à l'équilibre, elle est en sursis.
Le troisième étage, c'est la commission. Vendre est un travail, et ce travail se rémunère comme les autres. Quand tu travailles seul, on peut objecter qu'il est déjà dans le seuil d'équilibre, puisque les jours de prospection font partie des jours non facturés. C'est vrai, et je le sors quand même du lot pour une raison de gestion : tant que je vends moi-même, cette part me revient, et elle se comporte alors comme de la marge, celle de l'étage précédent. Le jour où quelqu'un d'extérieur apporte l'affaire, elle bascule et devient une charge. Elle est déjà provisionnée, donc rien ne s'effondre. Celui qui ne l'a jamais mise dans son prix finance la délégation de sa vente sur son bénéfice.
Trois parts du même billetpourquoi on divise au lieu d'ajouter
Reste à savoir ce que « dix pour cent » veut dire. Prends le billet de cent euros que le client te tend. Dix euros vont au matériel, dix à l'entreprise, dix à celui qui a vendu, et les soixante-dix restants couvrent ton seuil d'équilibre. Personne ne demande quelle part du billet a été détachée en premier : c'est un découpage, pas une succession. L'ordre des étages sert à comprendre, il ne sert pas à calculer.
Et ce détail change le résultat. Ajoute dix pour cent à ton seuil d'équilibre et tu n'obtiens pas dix pour cent du prix final, mais neuf virgule un. Empile les trois étages les uns sur les autres et il n'en reste que sept virgule sept chacun, quand ta feuille en annonce dix. La démonstration tient en deux lignes. Il te faut 450 € et l'apporteur prend dix pour cent : facture 495 €, il en prend 49,50 et il te reste 445,50 ; facture 500 €, il en prend 50 et tu gardes tes 450. Un pourcentage qui se prélève sur le total se retire du prix, il ne s'ajoute pas au coût. On divise donc par ce qui reste, et non par ce qu'on ajoute.
| L'étagece qu'on découpe | Ce qu'il financeet que personne ne facture à part | Sur l'exempleun cas fictif, à remplacer par le tien |
|---|---|---|
| Le seuil d'équilibre44 900 € ÷ 130 jours | Ta paie chargée et toutes tes charges annuelles. En dessous, tu perds de l'argent en travaillant. | 345 €/j |
| + matériel10 % du prix | Le renouvellement, provisionné à chaque prestation au lieu d'être subi tous les trois ans. La charge la plus certaine des trois. | 395 €/j |
| + marge10 % du prix | Le bénéfice de l'entreprise, distinct de ta paie. Ce qui encaisse le mois vide et l'imprévu. | 444 €/j |
| + commission10 % du prix | Ton temps de vente. Te revient tant que tu vends toi-même, devient une charge le jour où un apporteur s'en occupe. | 494 €/j |
Le total à encaisser dans l'année pour sortir 2 000 € net par mois, dans cet exemple : plus de deux fois et demie ce qu'on se verse. C'est ce nombre-là qui compte, pas le tarif journalier. Le prix se pose toujours à la valeur pour le client, projet par projet ; le total annuel dit seulement combien il faut avoir encaissé quand décembre arrive.
Ce que ce calcul produit n'est donc pas ton prix. C'est ton plancher, et un plancher sert d'abord à savoir ce qu'on refuse. Le prix, lui, reste posé sur la valeur pour ce client précis, comme dans la scène précédente. Une seule situation transforme ce plancher en prix : quand un client impose l'unité journée et qu'elle n'est pas négociable, ce qui arrive avec les agences et en régie. Là, le nombre calculé devient le minimum en dessous duquel tu ne signes pas. Tu n'as pas choisi de vendre du temps, tu subis l'unité ; il te reste au moins à savoir ce qu'elle doit couvrir.
Reste le chiffre qui refroidit. Dans cet exemple, une fois la paie versée, les charges payées, le matériel provisionné et l'impôt sur les sociétés réglé, ce qui demeure dans l'entreprise s'élève à près de 5 500 € sur 64 200 € encaissés. Huit et demi pour cent, et c'est avec une marge réglée à dix. Celui qui n'applique aucun des trois étages ne gagne pas moins tous les mois : il ne dégage rien du tout, et il ne s'en aperçoit qu'en fin d'année, au moment précis où il n'a plus aucun levier pour corriger.
Reste à savoir si 10 % est beaucoup ou peu, et il faut sortir du métier pour trouver des repères, la vidéo n'en publiant aucun. Les agences créatives visent une marge nette de 15 à 25 %, quand la moyenne constatée des agences digitales tournait autour de 13 % en 2025. En France et dans l'audiovisuel, l'usage professionnel fixe le salaire du producteur à 5 % du coût de fabrication et ses frais généraux à 7 %, soit 12 % en tout, le CNC plafonnant ces frais généraux à 10 %. Côté commission, un apporteur d'affaires prend de 2 à 15 % du chiffre qu'il apporte, jusqu'à 20 % dans le conseil, et un agent de photographe 25 à 30 %.
Alors, faut-il s'inquiéter de ces huit et demi ? Oui et non, et le non compte autant que le oui. Tant que je vends moi-même, la commission ne sort pas : elle reste dans l'entreprise exactement comme la marge. Ce qui demeure vraiment monte alors à 20 % avant impôt et 17 % après, ce qui replace l'exemple au milieu de la fourchette des agences. La lecture à 8,5 % ne devient juste que le jour où un apporteur vend à ma place, et c'est très exactement ce qu'elle mesure : le prix de la délégation de sa vente, 6 400 € sur l'année dans cet exemple. Celui qui n'a jamais provisionné cette part ne la découvre pas dans un tableur, il la découvre sur une facture.
Le calcul complet : tes charges à gauche, tes résultats à droite, les formules déjà posées. Il s'ouvre sur l'exemple ci-dessus, avec les postes qu'on oublie déjà listés. Tu remplaces les montants par les tiens, tout se recalcule. Deux onglets : un pour les sociétés, un pour les micro-entreprises, dont le calcul est différent. Aucune inscription, aucune adresse à laisser.
Télécharger le tableur (.xlsx)Les montants de charges et la rémunération utilisés ici sont fictifs et ronds, choisis pour que le calcul se suive. Les proportions et le rythme de travail sont les miens : treize jours facturés, dix mois par an, trois étages à 10 % du prix. Aucun de ces nombres n'est une recommandation, ce sont des cases à remplacer par les tiennes, et c'est précisément à ça que sert le tableur. Ton point mort dépend de ton statut, de ton régime de cotisations et de ta situation fiscale : fais valider ta structure de prix avant de t'en servir en clientèle.
Si tu es en micro-entreprisele même raisonnement, un calcul différent
Tout ce qui précède suppose une société qui déduit ses charges. En micro-entreprise, la mécanique s'inverse : tu cotises sur ton chiffre d'affaires encaissé, quel qu'il soit, et tes dépenses professionnelles sortent ensuite de ta poche. L'abattement forfaitaire est réputé les couvrir, mais il ne les rembourse pas. Un abonnement, une assurance, un déplacement te coûtent donc leur prix entier, quand une société n'en supporte qu'une partie.
Le calcul ne part alors plus des charges pour aller vers le prix, il remonte du besoin vers le chiffre d'affaires. Tu additionnes ce que tu veux te verser et tes charges réelles, CFE comprise. Tu divises ce total par la part du chiffre d'affaires qui te reste réellement, une fois retirés ton taux de cotisations et ton impôt. Le résultat est le chiffre d'affaires qui couvre tout juste ton année, et le reste de la méthode s'applique à l'identique.
Trois chiffres méritent d'être surveillés dans ce régime. Ton taux de cotisations, qui a augmenté d'un point au 1er janvier 2026 pour les activités libérales. Le plafond du régime, fixé à 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales : dépassé deux années de suite, tu bascules au réel, et c'est le premier calcul qui devient le tien. Et la franchise de TVA, dont le seuil est bien plus bas, 37 500 € pour les services : au-delà, tu factures la TVA en plus et ton plancher devient un prix hors taxes. Le tableur contient les deux versions dans deux onglets, et signale le franchissement de chaque seuil.
Le calcul ne décide pas à ta placece qu'un tableur ne sait pas de ton mois de novembre
Un article qui s'achève sur un tableur laisse croire que le prix serait un problème d'arithmétique. Il ne l'est pas. Le calcul muscle le raisonnement, il ne le remplace jamais, et il faut voir ce qu'il est réellement : une projection. Les treize jours facturés et les dix mois travaillés qui traversent cet article sont mes réglages, pas une norme et surtout pas une consigne. Ce sont exactement les cases que le tableur te demande de remplir avec les tiennes, et rien de ce qui précède ne tient si tu les recopies au lieu de les calculer. Ce ne sont d'ailleurs pas des faits, même chez moi : ce sont des paris sur une année qui n'a pas encore eu lieu. Le résultat hérite de la fragilité de ses hypothèses, et un chiffre qui s'affiche avec deux décimales n'en devient pas plus vrai pour autant.
Le tarif journalier qui en sort ne vaut ensuite que si le planning se remplit à la hauteur que tu as posée. Treize jours par mois, c'est beaucoup, et en ne faisant que du tournage cette hypothèse a peu de chances de tenir. Un tournage est inscrit dans le marbre : la date appartient au client, elle ne se déplace pas, et même quand tu es à l'initiative du projet, ses contraintes restent réelles. Le montage, lui, se lisse. Il se répartit sur les semaines, il comble les trous, il rend le mois tenable. Certains tiennent peut-être un rythme de tournage soutenu toute l'année, et tant mieux pour eux. L'autre voie, et c'est tout le propos de cet article, consiste à facturer moins de jours et à les facturer mieux : baisse le nombre de jours dans le tableur et regarde ce que le prix doit devenir pour que le total tienne quand même. C'est aussi pour cette raison que le prix gagne à se décrocher du temps, puisque facturer un livrable, c'est cesser de dépendre d'un calendrier que tu ne maîtrises pas.
Il y a encore les jours qui se chevauchent, deux tournages le même matin. Là, aucun calcul ne te sauve : c'est le carnet d'adresses qui travaille. Tu passes la main à un collègue plutôt que de rendre un refus, et le client reste servi. C'est une des raisons les plus concrètes d'entretenir un réseau de pairs, bien avant les considérations de confort.
Reste le cas qui tranche vraiment. Un mois se présente creux, peu de demandes, rien qui se signe. Une proposition arrive, en dessous de ton seuil d'équilibre. Le tableur dit non, et il a raison au sens strict : cette journée-là ne couvrira pas sa part de l'année. Mais une journée à tarif réduit n'est pas une journée vide, et c'est à toi de trancher, pas à une feuille de calcul. Ce n'est pas non plus la remise dont il est question plus loin, celle qu'on lâche face à un client qui pousse : c'est une décision que tu prends seul, à froid, en sachant exactement ce qu'elle te coûte.
Et c'est très précisément ce que le calcul t'apporte, tout ce qu'il t'apporte : savoir ce que ça coûte au moment où tu le décides, au lieu de le découvrir en décembre. Le chiffre est là pour que tu saches ce que tu fais, pas pour te dire ce que tu dois faire.
Scène 06 · Les garde-fous
Ce que l'école du métier ne t'a pas dit.
Passer au forfait ne suffit pas : un forfait posé sans avoir chiffré la valeur reste un horaire déguisé, avec les mêmes plafonds. Construire « trois options » qui sont la même offre en trois tailles ne trompe personne ; il faut de vrais paliers de périmètre et de résultat. Et l'ancre se met en haut : si tu places en tête l'option que tu espères vendre, tu n'as plus d'ancre, tu as juste rendu ton prix cible plus cher qu'il n'en a l'air.
La remise, enfin. Céder sur le montant pour conclure crée un précédent et t'apprend au client comme quelqu'un dont le prix se discute. La parade tient en une règle : on ne baisse pas le prix, on retire du périmètre. Concrètement, tu n'enlèves pas 20 % du montant, tu enlèves une journée de tournage, une version de montage ou un format de livraison, et tu annonces le nouveau prix qui correspond. Le client choisit ce qu'il garde.
Note de méthode : cet article ne publie aucun tarif de prestation, et ce n'est pas par prudence. Ton prix juste ne se déduit pas d'une moyenne : il se calcule à partir de tes coûts, de ton statut et de la valeur pour ton client. Un exemple de calcul est autre chose qu'un barème, et c'est pourquoi la scène 05 en donne un, avec des montants déclarés fictifs et une méthode dont la provenance est nommée. Quand le Journal publie un chiffre de prix, il dit d'où il vient et ce qu'il vaut : un barème opposable, une enquête avec son échantillon et sa date, ou une grille commerciale publiée par quelqu'un qui vend. Ce qui n'entrera jamais ici, c'est une fourchette inventée ou recopiée sans source. Fais valider ta structure de prix et ta fiscalité selon ton statut, ils ne se copient pas.
Scène 07 · Le socle
Savoir chiffrer, ça ne se périme pas.
Un preset se démode, un logiciel se remplace, une technique se démocratise. Savoir ce que ton travail vaut pour celui qui l'achète, non : c'est un jugement qui se raffine avec l'expérience et ne dépend d'aucune version de logiciel. C'est même le socle le plus rare chez les créatifs, précisément parce qu'il ne s'apprend nulle part dans la formation au métier. La technique, tout le monde finit par l'avoir. Le prix juste reste rare, donc il se paie.
On t'a appris à faire, jamais à chiffrer ce que faire vaut.
C'est là que ta valeur cesse d'être une moyenne. Un tarif copié sur le voisin te range dans la comparaison ; un prix construit à partir de ta valeur t'en sort. Aucun outil ne posera ce chiffre à ta place, parce qu'aucun outil ne connaît ce que tu vaux pour ce client-là. Chiffrer, c'est déjà signer.
Questions fréquentes
Faut-il facturer à l'heure ou au forfait ?
Ni l'un ni l'autre par défaut. La facturation horaire pénalise structurellement l'expertise : plus tu deviens rapide et bon, moins tu gagnes pour le même résultat (Austin L. Church, Jonathan Stark). Le forfait posé sans avoir chiffré la valeur créée n'est qu'un horaire déguisé. Le repère durable, c'est de fixer le prix à partir du résultat attendu pour le client, puis de concevoir la solution ensuite (Blair Enns, « price the client, not the job »). La structure de paiement se discute, la logique de départ reste la valeur.
Comment justifier un prix sans grille de tarifs du marché ?
En le dérivant de tes propres chiffres, pas de ceux d'un confrère. Michael Janda combine trois facteurs : ton coût de production réel, le budget du client, et le prix du marché comme repère, pas comme règle. Church avance des écarts de 1 à 100 entre freelances pour une prestation comparable, inexplicables par la seule compétence. Il ne publie pas la base de cette estimation, et l'argument tient sans le chiffre : le pricing est une compétence distincte du métier. Connaître son seuil de rentabilité mensuel permet de justifier chaque devis par un calcul, pas par une humeur.
Je facture à la journée, comment passer au livrable ?
En partant du résultat, jamais du temps économisé. Tu définis le livrable (un format, un objectif, un rendu attendu), tu poses son prix sur ce qu'il vaut pour ce client, puis tu vérifies que ce prix couvre ton coût réel ; s'il ne le couvre pas, tu revois le périmètre et non le prix. L'erreur inverse consiste à diviser son tarif-jour par les journées qu'on ne passe plus, ce qui revient à offrir au client un gain de vitesse qu'on a payé de sa poche. La question est devenue pressante pour le montage : depuis 2025, DaVinci Resolve 20 et Premiere Pro 25.2 dégrossissent l'assemblage, le dérush et le multicam, c'est-à-dire les tâches historiquement vendues à la journée. Le temps passé reste utile, mais comme information de gestion pour toi, pas comme unité de vente pour lui.
Comment calculer son prix plancher ?
En additionnant deux choses, puis en divisant par la bonne quantité de jours. D'abord le coût réel de ta rémunération : ton net souhaité remonté en brut par ton taux moyen d'impôt, puis multiplié par le coefficient de tes cotisations, ce qui fait qu'un net de 2 000 € par mois coûte bien plus que 24 000 € par an à ton entreprise. Ensuite tes charges annuelles, toutes, y compris la CFE, la RC professionnelle, les abonnements et les kilomètres. Le total est ton point mort. Tu le divises non par tes jours ouvrés mais par tes jours réellement facturables, souvent la moitié de l'année une fois retirés la prospection, les devis, la gestion et les mois creux. Tu obtiens ton seuil de perte. Trois étages viennent s'y ajouter : le renouvellement du matériel, la marge de l'entreprise, et ton temps de vente. Attention à la façon de les appliquer : chacun est une part du prix final, pas une majoration du seuil. Pour obtenir vraiment 10 %, on divise le seuil par ce qui reste une fois les trois parts retirées, on ne le multiplie pas par 1,1 : la majoration ne donnerait que 7,7 % par étage. Le Journal met à disposition un tableur gratuit qui fait ce calcul.
Peut-on accepter un tarif sous son prix plancher ?
Oui, et c'est une décision, pas une faute. Un mois creux où rien ne se signe, une proposition en dessous de ton seuil d'équilibre : le calcul dit non et il a raison au sens strict, cette journée ne couvrira pas sa part de l'année. Mais une journée à tarif réduit n'est pas une journée vide, et ce choix t'appartient. Il se distingue de la remise concédée à un client qui pousse, laquelle crée un précédent et se traite en retirant du périmètre plutôt qu'en baissant le montant. Ici, tu décides seul, à froid, en sachant ce que ça coûte. C'est la seule chose que le calcul apporte vraiment : connaître le prix de sa décision au moment de la prendre, au lieu de le découvrir en fin d'année. Le chiffre informe le jugement, il ne le remplace pas.
Un client demande une remise, que faire ?
Retirer du périmètre plutôt que baisser le montant. La règle de non-négociation formulée par Stark : seule la structure de paiement se négocie (échéances, options), jamais le prix d'une prestation donnée. Céder 20 % « pour conclure » crée un précédent et signale que ton premier prix était gonflé. Si le budget ne passe pas, tu proposes une version au périmètre réduit à un prix cohérent : une journée de tournage en moins, une version de montage en moins. Le client garde le choix de ce qu'il conserve, et le rapport entre ce que tu livres et ce que tu factures ne bouge pas.
Pourquoi présenter plusieurs options de prix ?
Parce qu'un prix unique se compare, trois options se choisissent. Enns pose l'obligation de mettre plusieurs options devant le client, typiquement trois, avec une option haute qui sert d'ancre : le client cesse alors de contester l'origine du prix et se demande laquelle prendre, pas s'il prend. L'erreur est d'en construire trois artificielles (la même offre en trois tailles) ou de placer l'option que tu vises en haut au lieu d'y mettre l'ancre.
Combien de marge faut-il viser en prestation de service ?
Attention au piège avant de répondre : quand on entend 35 à 50 %, il s'agit presque toujours de marge brute, celle d'avant les salaires et les frais de structure. La marge nette, celle qui reste vraiment, se situe entre 15 et 25 % chez les agences créatives, avec une moyenne constatée autour de 13 % chez les agences digitales en 2025. En production audiovisuelle française, l'usage fixe salaire du producteur et frais généraux à 12 % du coût de fabrication. Ne compare donc pas ton chiffre au premier nombre venu : ta rémunération est déjà dans ton point mort, ce qui vient après est la marge nette. Un dernier piège : l'INSEE publie un taux de marge de 19,7 % pour les services aux entreprises, mais sa définition est l'excédent brut d'exploitation rapporté à la valeur ajoutée. Ce n'est ni l'une ni l'autre des deux marges, et ça ne se compare à rien de ce que tu calcules.
Quel pourcentage donner à un apporteur d'affaires ?
En France, la pratique va de 2 à 15 % du chiffre d'affaires apporté, avec une moyenne observée entre 2 et 10 %. Les activités à forte marge comme le conseil montent jusqu'à 20 %, celles à faible marge plafonnent vers 5 à 8 %. Le repère qui frappe le plus vient de la photographie : un agent prend 25 à 30 % des honoraires, parfois 20, parfois davantage. Ce sont des ordres de grandeur, pas un barème, et le taux comme sa base de calcul doivent figurer noir sur blanc dans le contrat. Retiens surtout la mécanique : une commission se prélève sur le montant facturé, donc elle se retire du prix et ne s'ajoute pas au coût.
Comment chiffrer la part matériel de son prix ?
Aucune méthode de référence n'existe, ni chez les vidéastes ni chez les photographes. Deux repères voisins circulent sans répondre à la question : l'amortissement comptable, cinq ans en linéaire pour du matériel audiovisuel, qui sert à déclarer et pas à chiffrer un devis ; et le tarif des loueurs, 3 à 5 % du prix d'achat par jour pour une caméra, 3 % pour une optique, 2 % pour du grip, qui inclut leurs locaux, leur assurance et le stock qui dort entre deux locations. Deux voies s'offrent alors. Calculer sur les achats réels de l'année passée, plus rigoureux mais qui fait bouger ton tarif au rythme de tes achats. Ou poser un pourcentage à l'avance, ce que fait cet article : une projection, moins exacte mais stable. Dans les deux cas, contrôle une fois par an en comparant ce que la provision a rapporté à la valeur de ton parc divisée par sa durée de vie.
Le pricing, c'est un talent inné ou une compétence qui s'apprend ?
Une compétence, et l'une des plus rares chez les créatifs, parce que personne ne l'enseigne à l'école du métier. On te forme à cadrer, à éclairer, à monter, jamais à chiffrer ce que ça vaut pour celui qui l'achète. C'est précisément ce qui la rend précieuse : deux prestataires au même niveau technique peuvent gagner du simple au décuple selon leur seule maîtrise du prix. Aucun outil ne fixe ton prix à ta place ; c'est un jugement, donc ta part.
Qui écrit
Nicolas Portes, réalisateur et photographe à Toulouse depuis 2005, fondateur du Vidéo Club. Je fais de l'image pour des entreprises et des collectivités avec Veni Vidi Filmi.
Ce que je déclare. Le Vidéo Club ne vend rien, ne prend aucune commission et n'a pas de cotisation. Le lien ci-dessus mène à mon activité commerciale : c'est un intérêt, et je le déclare, comme les règles du club le demandent à chacun. Rien dans ce Journal n'est un argumentaire pour cette activité.
Comment cet article est écrit. Le Journal répète qu'un outil n'a pas de point de vue. Autant l'appliquer à lui-même : j'écris avec une IA. Elle cherche, elle structure, elle reformule, et elle me contredit quand je vais trop vite. Ce qu'elle ne fait pas : choisir l'angle, décider de ce qui est vrai, ni signer. Chaque source citée ici a été ouverte et lue avant d'entrer dans le texte, et les chiffres qui ne remontaient à aucun rapport identifiable ont été écartés, même quand ils arrangeaient le propos.
Tu revois tes prix ?
Le prix, c'est la conversation qu'on n'ose pas avoir seul.
L'argent, on en parle peu dans ce métier, et presque jamais avec des chiffres. Au Vidéo Club, quand quelqu'un pose la question, il trouve en face des gens qui vivent les mêmes doutes. Pas de commercial, pas de posture. Tu fais de l'image à Toulouse ? Viens au prochain rendez-vous.
Sources
- David Panart, dirigeant de l'agence Nuances (Toulouse) : construction du prix à partir du point mort et des jours réellement facturables, telle qu'exposée en scène 05. Échange direct en 2026, cité avec son accord. Ce n'est pas un document publié : cette source-là ne se vérifie pas, contrairement aux autres de cette liste.
- Michael Janda, « The 08 Biggest Freelance Mistakes » (michaeljanda.com) : le prix combine coût de production, budget du client et prix du marché.
- Austin L. Church, « Free Money » (2024, freelancecake.com) : le prix dérive des chiffres personnels du prestataire ; écarts de 1 à 100 entre freelances, le pricing est une compétence distincte du craft.
- Blair Enns, « Pricing Creativity » (2018) : « price the client, not the job » (valeur d'abord, solution ensuite) et obligation de présenter plusieurs options, l'option haute servant d'ancre.
- Jonathan Stark, « Hourly Billing Is Nuts » (jonathanstark.com) : l'horaire crée une incitation perverse ; seule la structure de paiement se négocie, jamais le montant.
- service-public.gouv.fr (fiches F23267 et F21746, consultées le 1er août 2026) : seuils du régime micro pour 2026, 83 600 € en prestations de services BIC et en activités libérales BNC ; abattements forfaitaires de 71 %, 50 % et 34 % ; versement libératoire à 1 %, 1,7 % et 2,2 % ; sortie du régime après deux années consécutives de dépassement. Franchise en base de TVA inchangée en 2026 : 37 500 € pour les services, tolérance à 41 250 €, la réforme du seuil unique ayant été abandonnée. Les taux de cotisations sociales ont évolué au 1er janvier 2026 et sont à vérifier sur autoentrepreneur.urssaf.fr : le tableur les laisse modifiables plutôt que figés.
- Repères de marge et de commission (recherche du 2 août 2026). Marge nette des agences créatives, 15 à 25 %, et moyenne des agences digitales à 13 % en 2025 : sources professionnelles anglo-saxonnes (Sidekick Accounting, Promethean Research), méthodologies non publiées, à prendre comme ordres de grandeur. Production audiovisuelle française : salaire producteur 5 % et frais généraux 7 % du coût de fabrication, usage rapporté par Lucy Finance, frais généraux plafonnés à 10 % dans les dossiers CNC. Apporteur d'affaires en France, 2 à 15 % : Legalstart, Scalecity. Agents de photographes, 25 à 30 % : Wonderful Machine. Taux de marge INSEE des services aux entreprises, 19,7 % en 2019, cité uniquement pour signaler qu'il n'est pas comparable, sa définition étant l'excédent brut d'exploitation rapporté à la valeur ajoutée. Aucune source ne publie de repère pour la vidéo indépendante en France : c'est le constat de cette recherche, et la raison pour laquelle la part matériel de cet article est présentée comme un choix personnel et non comme une norme.
- Amortissement et location de matériel. Matériel audiovisuel amorti sur 5 ans en linéaire, biens sous 500 € HT passés directement en charge (pratique comptable française, compta-online). Tarifs de location à 3 à 5 % du prix d'achat par jour pour une caméra, 3 % pour une optique, 2 % pour du grip : ShareGrid, avril 2025. Ces deux repères sont cités pour montrer qu'ils ne répondent pas à la question du poste matériel, pas comme méthode à suivre.
- NPPA et ASMP, calculateurs de cost of doing business : (rémunération souhaitée + charges) ÷ jours facturables, le même calcul que la scène 05, formalisé par les associations de photographes américaines depuis des décennies. Cité pour situer : ce que le métier de l'image documente ailleurs depuis longtemps n'existe pas en français pour la vidéo.
- Blackmagic Design, DaVinci Resolve 20 (2025) et Adobe, Premiere Pro 25.2 (avril 2025), documentations officielles : IntelliScript, Multicam SmartSwitch, IntelliCut et Media Intelligence dégrossissent l'assemblage et le dérush. Fonctions citées comme illustration datée du piège de l'unité de temps, pas comme mesure du marché : le Journal ne dispose d'aucune donnée fiable sur l'évolution réelle des prix du montage.
État des sources au 2 août 2026. Cet article pose des principes de tarification durables, indépendants du statut. Tout point lié à ton régime (charges, TVA, seuils) évolue et se valide selon ta situation.