Le Journal / L'entreprise
Périodes creuses · Paroles de table
Quand le téléphone ne sonne plus, on fait quoi ?
Le 30 septembre 2026, le Vidéo Club s'est retrouvé chez Panajou, boulevard Matabiau, autour d'une auberge espagnole et d'une question qu'on garde d'habitude pour soi : comment on gère nos périodes creuses ? Voici ce que Renaud, Chloé, Florian, François, Rémy et Simon y ont répondu, avec leurs mots.
Scène 02 · Le verdict
En résumé.
Les creux tombent à des moments différents selon le métier : l'été pour l'un, l'hiver pour l'autre, la fin d'un projet pour une autre personne. Un piège est revenu plusieurs fois : remplir le creux avec ce qui occupe (le site, la bande démo, le matériel) plutôt qu'avec ce qui fait venir le travail. Ce qui marche a été raconté aussi : aller voir les gens en vrai, entretenir son nom auprès des bonnes personnes, s'y prendre des mois avant le calendrier du client. Et le creux sert aussi à souffler.
Autour de la table, il y avait un chef opérateur en intermittence, une pilote de drone installée en Ariège, un vidéaste qui filme des entreprises et des mariages, un touche-à-tout qui gère la communication d'un client à l'année, un vendeur de matériel qui voit passer tout le monde, et quelques autres.
Scène 03 · Le calendrier
Le calendrier.
Pour Rémy : « Moi, c'est surtout juillet-août. » Le reste de l'année, entre ses tournages, la communication d'un client suivi à l'année et un centre de certification qu'il monte avec des amis, le temps mort se fait rare.
Florian, lui, a l'hiver en face : « C'est novembre, décembre, janvier, février. Les quatre mois les plus creux. » Il s'en sert : « J'ai utilisé les deux derniers hivers pour créer mes deux sites principaux », l'un pour les entreprises, l'autre pour les mariages.
Pour François, chef opérateur en intermittence, le calendrier suit les projets. Pendant dix ans, un même tournage lui a assuré des heures. Arrivé à la fin, « mécaniquement, t'as moins d'heures. Donc il faut en trouver d'autres. » Il a rebouclé cette année, avec moins d'heures : « Chaque année, c'est un peu la loterie. »
Simon voit la chose depuis le comptoir de Panajou. Les ventes se concentrent sur quelques périodes, autrefois Noël, « maintenant, c'est plutôt Black Friday, Noël », avec des offres en juillet. Simon ajoute : « Quand il n'y a ni location ni vente, c'est que l'activité est à l'arrêt. »
Dernier décalage, celui du client. J'ai moi-même été contacté début août par une entreprise qui voulait, pour la première fois, une vidéo de vœux de son dirigeant, à publier en janvier. Les grandes structures valident leurs budgets à la rentrée pour l'année suivante. D'où l'idée, que j'ai lancée à table, d'envoyer de petits signaux dès la rentrée : « Vous n'avez pas pensé à faire de la vidéo pour vos vœux ? C'est maintenant qu'il faut le faire. »
Scène 04 · Le moral
Le moral.
Renaud a ouvert la discussion : ses périodes creuses, il les gère « avec pas mal d'angoisse, beaucoup de prospection ou de tentatives de prospection ».
François, sur l'arrêt après une période chargée : « J'étais non-stop pendant deux mois, et maintenant, plus personne n'a besoin de moi. Psychologiquement, il y a un truc où tu te dis : attends, pourquoi plus personne n'a besoin de moi ? » Et : « Si tu as une échéance derrière, c'est plus simple. Si tu n'as pas d'échéance derrière, ça peut être un peu plus compliqué. »
Pourquoi plus personne n'a besoin de moi ?
Renaud : « C'est des moments où on n'a plus du tout les mains sur le guidon. »
Scène 05 · Le piège
Le piège.
Renaud, sur ses propres creux : « Je passe des heures à refaire mon site, à faire des publications sur les réseaux. Ça m'occupe, j'ai l'impression d'avancer. » Puis : « Mes périodes creuses, je les passais beaucoup à me renfermer sur moi, à refourbir mon matériel, à repréparer mes trucs. Comme si c'était ça qui allait changer les choses. En fait, ça ne change rien. »
Comme si c'était ça qui allait changer les choses. En fait, ça ne change rien.
Rémy aussi : « Ce que je ne fais pas assez, c'est d'aller prospecter. » Il ajoute : « Je travaille avec ma femme. C'est elle qui prospecte. »
Renaud a enchaîné : « C'est infiniment plus facile de dire : il ou elle a du talent, c'est la personne qu'il vous faut. Que de dire : j'ai du talent. »
Scène 06 · Aller les chercher
Aller chercher le travail.
Renaud a longtemps cru le marché trop plein de vidéastes. Il pense aujourd'hui l'inverse : « On pourrait tous travailler en étant bookés à 100 %, il y aurait encore des clients. Il faut aller les chercher, sans s'inquiéter des neuf refus qu'on va avoir pour un rendez-vous. » Rémy a ajouté, sur ces refus : « Le non, il ne faut pas le prendre pour soi. Ça peut être : ce n'est pas le moment, je n'ai pas de budget. »
Chloé, pilote de drone, a raconté une méthode qu'elle a déjà testée. Elle repère sur Leboncoin des biens vendus entre particuliers, au-delà d'un certain prix, dont les photos ne rendent pas justice. Elle localise le bien, puis y va : « J'allais voir les gens directement. J'étais déjà sur place, j'avais mon drone. » Le bilan des premiers essais : « J'en ai fait cinq, six, et ça a fonctionné sur trois. » Son modèle : le vendeur ne paie rien tant que le bien n'est pas vendu. Cet automne, elle compte faire la même chose auprès des artisans de son coin, en allant les voir en vrai.
Florian passe par son site mariage. Il y écrit un article sur chaque domaine de réception qui lui plaît. Un jour, l'un d'eux l'a appelé pour autre chose : « Je leur ai dit : vous êtes sur mon site. » Ils étaient ravis. Renaud a rebondi : contacter un prospect sur son actualité, parce que « les gens adorent parler de leur boîte ».
Sur l'outillage, Renaud : « Le plus compliqué, ce n'est pas de faire le suivi. C'est comment on fait cette liste, comment on identifie ceux qu'on va démarcher. »
François démarche des réalisateurs et des sociétés de production : « C'est un métier où tu ne vas pas demander directement à quelqu'un : embauche-moi. Il faut que ça passe par quelqu'un. » Pendant ses creux, il revoit des gens et relance, pour que son nom « résonne aux oreilles des bonnes personnes ».
Scène 07 · Le temps
Le temps à soi.
Florian prend du temps pour lui : « Je fais du sport. Je m'occupe de renouveler la garde-robe des enfants. » François s'autorise, quand un projet l'attend derrière, une semaine pour « aller courir, aller faire du sport ».
Chloé a raconté sa façon de décrocher, depuis qu'elle vit loin de Toulouse : « Je prenais ma voiture, je partais dans une direction. » Des lacs découverts au hasard, le drone qui reste parfois dans le coffre, et « mon petit siège Décathlon de camping » posé face au paysage.
En fin de rencontre, elle a proposé : « J'avais une idée, justement, pour occuper les périodes creuses : faire vivre le Discord. » Le principe : « Faire des soirées où les gens présentent un projet en cours ou un projet fini, et chacun donne son avis. » À distance, en plus, depuis son canapé.
Questions fréquentes
Quand tombent les périodes creuses d'un vidéaste ?
Pas au même moment pour tout le monde. Pour Rémy, c'est juillet-août. Pour Florian, qui filme aussi des mariages, c'est de novembre à février. Pour François, chef opérateur en intermittence, le creux dépend de la fin des projets plus que du calendrier. Et côté magasin, Simon voit l'activité se concentrer sur le Black Friday, Noël et les offres de juillet.
Faut-il prospecter pendant une période creuse ?
C'est le moment où on a le temps, et c'est aussi le moment où on trouve toutes les raisons de faire autre chose : refaire son site, sa bande démo, son matériel. Renaud le dit : ça occupe, et ça ne change rien. Le calendrier des clients pousse aussi à s'y prendre tôt : une entreprise qui veut une vidéo de vœux en janvier la décide dès la fin de l'été.
Que faire du temps libre pendant un creux ?
Autour de la table, on a entendu trois réponses qui se complètent. Entretenir son réseau, pour que son nom reste dans la tête des bonnes personnes. Se former et s'informer. Et souffler, sans culpabiliser : Florian fait du sport, Chloé prend la voiture sans destination.
Qui écrit
Nicolas Portes, réalisateur et photographe à Toulouse depuis 2005, fondateur du Vidéo Club. Je fais de l'image pour des entreprises et des collectivités avec Veni Vidi Filmi.
Ce que je déclare. Le Vidéo Club ne vend rien, ne prend aucune commission et n'a pas de cotisation. Le lien ci-dessus mène à mon activité commerciale : c'est un intérêt, et je le déclare, comme les règles du club le demandent à chacun. Rien dans ce Journal n'est un argumentaire pour cette activité.
Comment cet article est écrit. Le Journal répète qu'un outil n'a pas de point de vue. Autant l'appliquer à lui-même : j'écris avec une IA. Elle cherche, elle structure, elle reformule, et elle me contredit quand je vais trop vite. Ce qu'elle ne fait pas : choisir l'angle, décider de ce qui est vrai, ni signer. Chaque source citée ici a été ouverte et lue avant d'entrer dans le texte, et les chiffres qui ne remontaient à aucun rapport identifiable ont été écartés, même quand ils arrangeaient le propos.
Toi aussi, tu as des creux ?
On en parle chaque mois.
Depuis 2022, le Vidéo Club réunit chaque mois des pros de l'image de Toulouse autour d'une table, pour parler du métier entre nous. Viens au prochain rendez-vous.
Sources
- Rencontre du Vidéo Club du 30 septembre 2026 chez Panajou, 24 boulevard Matabiau, Toulouse. Thème : « Comment on gère nos périodes creuses ? ». Enregistrée avec l'accord des participants.
Les propos sont cités avec l'accord de chacun, resserrés à l'écrit (hésitations et répétitions retirées) sans en changer le sens. Chaque citation a été vérifiée sur l'enregistrement.